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Les crédits immobiliers accordés par les banques ont diminué de 11 % lors du premier semestre 2008.

La crise financière devrait se traduire, pour les clients des banques, par des crédits plus rares et plus chers. Ce phénomène appelé «credit crunch» (raréfaction soudaine du crédit) est classique après chaque choc financier. Elle pourrait accentuer l’exclusion bancaire en France.

 

Selon des estimations fiables, il existerait aujourd’hui en France déjà 5 millions d’individus privés de moyens de paiement ou d’accès au crédit, en raison de revenus jugés insuffisants ou de situations professionnelles précaires.

Pour bon nombre d’économistes, la raréfaction du crédit est déjà perceptible en matière de prêts à l’habitat, malgré les dénégations des banques. Ainsi, pour la première fois depuis l’éclatement de la crise financière à l’été 2007, une étude statistique publiée en juillet par l’Observatoire du financement des marchés résidentiels-Crédit logement a fait état d’une baisse marquée du volume de crédits immobiliers accordés par les banques : moins 11 % au cours des six premiers mois de l’année.

Pour Michel Mouillart, le directeur scientifique de l’Observatoire du financement, le constat est irréfutable : la baisse du crédit au premier semestre est liée à la politique plus restrictive des établissements de crédit, plus exigeants vis-à-vis des emprunteurs. La demande resterait, selon lui, vigoureuse, malgré la crise et la baisse du pouvoir d’achat. Les ménages qui empruntent pour acheter un logement sont plutôt aisés, explique l’économiste, en appui de sa démonstration.

Ainsi fragilisées par une crise financière qui a entamé leur capital, les banques se montrent plus sélectives dans leur politique de crédit. Des ménages qui n’auraient eu auparavant aucune difficulté pour emprunter se voient désormais fermer la porte des banques. Dans tous les cas, relèvent des experts de l’immobilier, les banques exigent désormais un minimum de 20 % d’apport personnel et des taux d’endettement inférieurs à la norme de 33 %.

Bon nombre d’économistes, tel Olivier Pastré, professeur à Paris VIII, s’attendent à un crédit crunch violent. Deux événements devraient, en effet, contribuer à désolvabiliser une frange importante de la population. D’une part, le relèvement des taux d’emprunt dans la foulée de la hausse du taux directeur de la Banque centrale européenne, décidée en juillet (à 4,25 %). D’autre part, le raccourcissement des durées d’emprunt, qui ont permis à de nombreux ménages d’emprunter au cours des dix dernières années.

Source : directmatin.directmedia.fr