rachat de creditLa crise financière que nous traversons, qui est la plus grave depuis la grande déflation des années 30 et sans doute depuis l’apparition du capitalisme, apporte la double démonstration paradoxale suivante :

- La financiarisation totale de l’économie mondiale

- La déconnection de la finance et de l’économie réelle

La première est positive : elle a permis les transferts de richesse et, partant, a servi de levier pour le développement des pays en voie de développement.

La seconde est catastrophique : les logiques financières poussées à l’extrême n’ont plus pour finalité que la recherche d’un profit aussi immédiat qu’irrationnel pour quelques privilégiés au préjudice des plus pauvres. Jamais il n’y eut tant de possibilités de gains individuels à tous les niveaux.

N’oublions pas qu’en économie également rien ne disparaît, tout se transforme. Ainsi les bénéfices empochés par les uns font les pertes des autres, ces pertes se transforment en dettes que les états consolident à coup de milliards de dollars et d’euros d’emprunts que les contribuables –in fine- rembourseront.

La finance livrée à elle-même a cru être sa propre fin et est finalement tombée dans le chaos. Les chiffres dépassent l’entendement : en décembre 2007, les encours globaux de l’ensemble des produits dérivés dépassaient le million de milliards de dollars alors que la somme des biens produits dans le monde par l’économie réelle n’est que de 50.000 milliards de dollars. Le plan Paulson avec ses 700 milliards de dollars est dérisoire !

Cette crise doit nous conduire à reconsidérer la place de la finance de notre société et, plus généralement, de nos rapports à l’argent.

L’économie de marché reposant sur un marché libre, c’est-à-dire véritablement concurrentiel et soumis à la loi de l’offre et de la demande, a fait ses preuves en accélérant la mondialisation et en permettant de rendre le progrès accessible au plus grand nombre. Elle est un facteur de paix.

Toutefois, le capitalisme mondialisé ne pouvant fonctionner sans règles, il appartient aux Etats d’intervenir collectivement dans cette économie de marché internationale pour fixer les règles et les faire respecter. L’économie de marché doit répondre à des exigences fondamentales et, pour cela, être régulée par les gouvernements au nom des peuples qui devront nécessairement mettre en place une coopération entre Etats pour coordonner les moyens de réorienter l’économie vers l’homme et non plus le seul profit . Cette coopération devra prendre la forme d’institutions internationales ayant la charge d’organiser les marchés financiers et de les contrôler dans le cadre de ces grandes stratégies coopératives à inventer. L’économie du monde de demain doit être productive et non plus spéculative. Rien ne doit plus être comme avant.

L’urgence est pour l’heure au sauvetage du système bancaire de manière concertée entre les états et pas selon la logique du ” chacun pour soi ” qui a prévalu au début de cette crise. Il faut à tout prix combattre les tendances protectionnistes et isolationnistes qui s’amplifient.

Au-delà de ces considérations éthiques et politiques, cette crise doit être l’occasion pour chacun d’entre nous de s’interroger sur son mode de vie, son rapport à l’argent, sa manière d’épargner et d’utiliser le crédit.

Sur ce dernier point, la raison et la responsabilité doivent guider nos décisions de recourir au crédit. Ce n’est pas chose aisée. Barjavel disait : ” L’inutile et le superflu sont plus indispensables à l’homme que le nécessaire “.

Félicitons-nous : en France, grâce à des normes d’endettement raisonnables basées sur des revenus pérennes et la prise en compte de garanties correctement évaluées, nos banques n’ont pas à faire face à une crise nationale de ” subprimes “. D’ailleurs, près de huit français sur dix affirment avoir confiance dans la solidité de leur banque.

En effet, même si l’inflation issue de la mondialisation a entraîné une baisse du pouvoir d’achat des français et, pour les plus modestes, des défaillances de remboursement de leurs crédits, le ” taux de casse ” enregistré par les banques ne les mets nullement en péril.

Face à la crise économique qui, après avoir déjà pointé son nez avant la faillite de Lehman Brothers, frappera la France à la suite de la crise financière, l’endettement raisonnable des français comparativement à ses voisins européens et aux américains, est atout majeur. D’autant que l’endettement de l’Etat qui -lui- est, en revanche, excessif, ne lui donne guère de marges de manœuvre pour doper le pouvoir d’achat des citoyens.

Le meilleur moyen, de lutter contre cette crise qui s’annonce dure est pourtant de maintenir un niveau minimum de croissance et, pour cela, de faire un effort sans précédent de productivité. Chacun sait qu’en France, c’est la consommation des ménages qui tire la croissance et que la consommation dépend du pouvoir d’achat déjà raboté par l’inflation consécutive à la hausse des matières premières. Le prix de ces dernières déjà impacté par le ralentissement économique est désormais orienté à la baisse. Il convient donc de maintenir, voire d’aider la consommation, pour gagner au minimum un précieux point de croissance qui nous donnera le temps et les moyens d’accomplir les réformes qui s’imposent pour redynamiser notre économie que la hausse du dollar devrait favoriser à l’exportation pour peu que l’on libère les PME exportatrices des entraves qui les handicapent par rapports à leurs concurrents.

Ainsi, la crise sera un accélérateur du redressement de l’économie française en imposant des réformes radicales et rapides dont elle a le plus grand besoin mais qui, hors de ce contexte, se seraient comme d’habitude heurtées aux oppositions catégorielles et partisanes des déclinologues de tous poils .

L’avenir est prometteur d’innovations qui seront de puissants facteurs de croissance dont nous profiterons si faisons ce qu’il faut pour ça, à commencer par vaincre nos peurs et abandonner l’auto-dénigrement qui est devenue une spécialité nationale bien handicapante.

Si les crédits hypothécaires à risques des USA ont déclenché la crise financière, ne généralisons pas, ne faisons pas d’amalgames infondés et ne jetons surtout pas le bébé avec l’eau du bain ! La tristement célèbre crise des subprimes n’est que la conséquence d’une pratique financière aberrante ayant consisté à endetter des américains qui n’avaient pas les moyens de rembourser puis de revendre ces dettes ” titrisées ” sur le marché mondial. Ni le principe ni le fondement du crédit ne sont en cause.

Le crédit reste un outil fondamental de l’économie moderne, du développement des pays et des entreprises et du bien être des peuples à qui il permet d’accéder à un grand nombre de biens indispensables, au premier rang desquels le logement.

Certes, il doit être utilisé raisonnablement et sa distribution, notamment en direction des plus faible, doit être encadrée par des règles éthiques.Mais, c’est un moyen de maintenir la consommation des français pour passer la crise avec le moins de dégâts possible dans notre tissus économique et social.

Sans attendre de nouvelles mesures qui s’ébauchent pour favoriser le recours au crédit, il existe une technique qui permet tout à la fois de redonner immédiatement du pouvoir d’achat aux nombreux français souffrant d’un endettement excessif sans pour autant se trouver en situation de surendettement et dont le nombre est estimé à cinq millions, ce qui est loin d’être négligeable, tout en ” consolidant ” leur endettement et en augmentant leur solvabilité : le rachat de crédits.

Cette technique bancaire initialement destinée à corriger un malendettement et prévenir le surendettement connaît depuis quelques années un succès qui ne se dément pas en cette période de crise, même si l’augmentation récente des taux a freiné le développement du rachat de crédit hypothécaire. A ce niveau également, une baisse des taux, fut-elle minime, sera bénéfique.

Pour les banques également, le regroupement de crédits présente de nombreux avantages, mêmes s’il sont relativement marginaux : C’est essentiellement un ” recyclage ” de capitaux déjà libérés qui leur apporte des liquidités, une rémunération sous forme de frais, des garanties nouvelles et, surtout, qui ” resolvabilise ” un grand nombre d’emprunteurs qui se trouvent en situation plus ou moins critique, évitant ainsi d’augmenter un taux de défaillances, certes encore supportable, mais orienté à la hausse ( +15% au premier semestre 2008 pour les crédits à la consommation). Or, même si le marché est aujourd’hui mature, il reste un potentiel très important à exploiter qui est un atout pour les établissements de crédits français. Le marché de la restructuration financière des particuliers est crédité d’une croissance annuelle de 20% pour les prochaines années.

Lorsque l’intérêt des uns et des autres coïncident à ce point, gageons que l’avenir du rachat de crédits ne sera pas compromis par la crise financière ni victime d’un effet ” credit crunch “.

Il en est de l’économie comme de l’écologie, c’est en accumulant les pratiques vertueuses que nous guérirons nos maux actuels. Le rachat de crédits en est une qu’il faut promouvoir.

Françoise FONDADOUZE

Gérante RAINBOW FINANCE