Credit relaisUn crédit-relais qui arrive à son terme le 7 octobre… et toujours pas un acheteur en vue. Daniel Ruas et son épouse ont de plus en plus de mal à trouver le sommeil. Après avoir acheté la maison de leurs rêves au bord de la mer pour « y passer leur retraite », ils ont souscrit un crédit-relais auprès d’une banque, le temps de vendre leur pavillon de 110 m 2 à Chelles (Seine-et-Marne).

 

Une affaire de « six mois » maximum, pensaient-ils. Deux ans plus tard, ils ont eu à peine une trentaine de visites et deux offres qui n’ont pas abouti. Même en baissant le prix de leur bien de 320 000 € à 295 000 €. Leur crainte : que la banque ne saisisse leur maison. Les Ruas ne sont pas les seuls. Selon l’Association française des usagers des banques (Afub), 30 000 Français seraient concernés, en raison du ralentissement immobilier. « Il y a deux ans, le marché était au plus haut. Les banques accordaient sans problème des crédits-relais, explique Serge Maître de l’Afub. La prudence exige que ces crédits ne dépassent pas 50 à 60 % de la valeur estimée du bien, mais les banquiers ont accordé des prêts qui représentaient 80 %, et parfois jusqu’à 100 % de la valeur du logement. »

Aujourd’hui, alors que ces prêts arrivent à échéance ils sont en général accordés pour une période de deux ans , nombre de détenteurs d’un crédit-relais se retrouvent « scotchés ». Ils n’arrivent pas à vendre, et, dans le même temps, ils doivent rembourser leur dette.

« On s’attend à une remontée en flèche des saisies »

Pis, en l’espace de deux ans, la valeur de leur logement a chuté… et vaut parfois moins que ce qu’ils doivent à leur banque. « D’ici à dix à douze mois, on s’attend à une remontée en flèche des saisies immobilières. Les ménages pourraient également être obligés de revendre leur deuxième bien pour faire face. C’est la crise des subprimes à la française, où les particuliers perdent leur toit et se retrouvent ruinés », s’alarme Serge Maître.

Pour éviter l’asphyxie, les vendeurs ont tout intérêt à baisser le prix de leur bien pour trouver un acheteur. Si cela ne suffit pas, l’Afub recommande de saisir le tribunal d’instance pour réclamer une suspension d’obligation de paiement. Une disposition prévue par l’article L313-12 du Code de la consommation. « Et si à terme la situation s’envenime nous nous tournerons vers les pouvoirs publics pour réclamer un moratoire », met en garde l’Afub.

 

Source : leparisien.fr