credit hypothecaire

Un récent rapport du Conseil d'analyse économique (CAE) vient de remettre au goût du jour le crédit hypothécaire.

Ce type de prêt bancaire est garanti par une hypothèque, celle-ci pouvant être prise sur le bien à acquérir ou sur un bien déjà acquis. Le CAE recommande donc de « développer le recours à l'hypothèque pour loger les classes moyennes ».
En ces temps de crise financière, alors que les subprimes n'ont pas bonne presse et que les saisies de logement se poursuivent aux États-Unis, les suggestions des deux auteurs ont de quoi faire sursauter... Mais ce serait méconnaître les subtilités du crédit immobilier.

« Le crédit hypothécaire n'est pas un subprime », explique Valérie Plagnol, auteur du rapport avec Jacques Mistral. « Là où les choses ont dérapé, aux États-Unis, c'est sur la mesure du risque par les banques. » En d'autres termes, le subprime est un cocktail explosif qui associe crédit hypothécaire et taux révisable, sans une évaluation sérieuse des revenus de l'emprunteur.

Taux fixe.

Pour le site credit-pret-hypothecaire.com, « en 2007, près de 40 % des prêts accession accordés en France ont eu comme garantie une hypothèque sur le bien acquis ». « Notre point de vue est bien de permettre aux ménages solvables d'accéder à la propriété, alors que leurs revenus sont considérés comme irréguliers (dans les professions libérales, par exemple). Les subprimes, c'est le dévoiement du crédit hypothécaire », précise Valérie Plagnol.
Que penser néanmoins de la proposition de campagne de l'ancien candidat Nicolas Sarkozy : « Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement. Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l'hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l'emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué. Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants. »
Une proposition qui flirte avec les subprimes, dans la mesure où cette forme de crédit hypothécaire était destinée aux emprunteurs à risque et gagée sur le logement de l'emprunteur.
Si on vous propose d'emprunter sous hypothèque, préférez un taux fixe et soyez particulièrement vigilant sur la question de votre solvabilité. Sachez aussi qu'en cas de revente, une levée d'hypothèque sera nécessaire chez le notaire.

 

Source : www.sudouest.fr